En clôture du Congrès d’Arras (Pas-de-Calais), dimanche 6 décembre, François Bayrou a prononcé son discours en saluant le travail accompli, en vue d’élaborer le projet humaniste du Mouvement Démocrate qui a été publié sous la forme d’un petit livre.

Le Président du Mouvement Démocrate est aussi revenu sur l’état actuel de la France, notamment sur l’identité nationale et sur les élections régionales de 2010.

Concernant l’identité nationale, François Bayrou a reproché au président de la République de s’en prendre lui-même à l’identité nationale de la France : “L’identité de la France ne serait pas ce qu’elle est si nous ne respections pas les valeurs républicaines qui ont fait de nous un peuple de citoyens. La République, c’est un projet en soi et pas seulement un slogan au fronton des édifices publics”.

“Liberté, égalité, fraternité, à l’intérieur de nos frontières et dans le monde, tel est le projet de la République française. Et chaque fois que nous y manquons, et spécialement chaque fois que le président de la République y a manqué, il a porté atteinte à l’identité nationale française”, a-t-il affirmé, ajoutant que ce fut le cas “chaque fois qu’il a été manqué à la fraternité entre peuples, et je pense au discours choquant de Dakar”. Ce fut aussi le cas “chaque fois qu’il a été porté atteinte à la laïcité”, a-t-il aussi rappelé en faisant référence, sans le citer, au discours de Latran (2007) sur les “racines chrétiennes de la France”.

François Bayrou a enfin dénoncé les “choix de préférence pour mettre des proches du pouvoir dans les situations de responsabilité, quand ce n’est pas les membres de sa famille”, faisant notamment référence à la candidature, finalement retiré, du fils du président, Jean Sarkozy, à la tête de l’Établissement public de la Défense.

Sur les élections régionales, le Président du Mouvement Démocrate a décliné la proposition de Ségolène Royal d’alliance au premier tour : “Si nous avions répondu +oui, vous nous donnez quelques postes et nous venons+, cela aurait signifié que nous sommes prêts à soutenir le PS. Ce n’est pas notre choix”, a-t-il notamment affirmé.

“Notre choix est de construire dans le dialogue. Mes offres de dialogues, ce n’est pas l’acceptation du ralliement ou de la disparition”, a-t-il poursuivi, “il faut bien que tout le monde comprenne que tous ceux qui accepteraient de se rallier, ils choisissent de disparaître”.  “C’est sympathique comme signe d’ouverture, mais cela ne correspond pas à la force des choix qui sont les nôtres”.

“La génétique de notre famille politique, c’est que cette famille a deux noms. Le premier, c’est indépendance, et le second, c’est main tendue. Et nous voulons tenir les deux bouts de la chaîne”, a-t-il encore affirmé.

François Bayrou a conclu : “Ne vous y trompez pas, les élections qui viennent, pas seulement les régionales, mais les grandes échéances nationales, seront très difficiles parce que les forces, les puissances qui se sont conjuguées autour du pouvoir actuel et autour de Nicolas Sarkozy, puissances de toute nature, politique, financière, médiatique, ne laisseront pas facilement le pouvoir changer de main”.

Évoquant “tous ceux qui veulent changer de projet pour la France et qui mesurent la difficulté de cette entreprise”, il a conclu : “on aura besoin de tout le monde”.

fb-arras-051209

Dans le cadre de la discussion des amendements destinés à nourrir le projet programmatique du Mouvement Démocrate lors du Congrès d’Arras, les adhérents ont adopté samedi 5 décembre l’amendement demandant l’inscription de “la protection des générations futures” dans la Constitution.

Cet amendement a été déposé par François Bayrou, en présence de plus de 1 500 militants du Mouvement Démocrate réunis ce samedi en plénière.

“C’est le résultat de systèmes économiques uniquement tournés vers le présent, la consommation et le profit immédiat. C’est pourquoi nous inscrirons dans la Constitution l’obligation de la protection des générations futures, véritable sens du développement soutenable”, précise l’amendement de François Bayrou.

“Avec ce principe, la politique s’inscrit dans le futur. C’est le pendant du principe de précaution qui concerne le présent”, a ajouté François Bayrou, précisant : “Tout d’un coup, on affirme que les décisions politiques doivent être prises, pas seulement pour les contemporains, mais aussi pour ceux qui viendront après”.

Cet amendement s’inscrivait en préambule du chapitre consacré au “développement économique social et écologique durable”.

“Depuis la présidentielle, la crise est passée par là et la prise de conscience écologiste aussi”, a aussi expliqué Robert Rochefort, député européen, chargé de coordonner le projet.

“La crise nous fait être plus exigeants sur les questions de régulation publique dans la sphère financière” ; c’est aussi demander “le retour de l’Etat comme un acteur” et “proposer une croissance verte”, a-t-il encore précisé.

“Nous sommes pour une croissance qualitative. Nous proposons de consommer autrement, une fiscalité sur les produits qui dépendent de leur condition de production d’un point de vue écologique”, a conclu Robert Rochefort.

Les militants réunis en plénière avaient entamé ce samedi l’examen des 132 amendements au projet politique du mouvement qui compte 216 propositions. Une fois adopté, le programme démocrate donnera lieu à l’édition d’un Livre orange.

Dans un entretien accordé au site “Marianne 2″, Robert Rochefort, député européen et chargé du projet programmatique du Mouvement Démocrate, détaille les grandes lignes du document préparatoire qui sera soumis au Congrès d’Arras, les 4, 5 et 6 décembre.

Marianne 2 : François Bayrou s’est fait très critique sur la question de la dette publique, malgré les difficultés économiques liées à la crise. Le programme du Modem est-il plus conciliant avec l’idée de grand emprunt ?

Robert Rochefort : Non : notre position reste la même, nous sommes contre le grand emprunt dans le sens où il aggrave la dette de la France et où il n’est qu’un saupoudrage. Tel que présenté par la commission Rocard-Juppé, il ne porte même pas sur le développement durable, qui est une priorité de notre programme. Nous sommes en revanche favorables à un grand emprunt européen.

Marianne 2 : Un grand emprunt européen augmente la dette des Etats qui y souscrivent, ce que vous dîtes vouloir combattre : quelle différence y a-t-il avec un grand emprunt national ?

Robert Rochefort : Il y a d’abord un effet de levier que les Etats européens réunis peuvent obtenir et que la France seule ne pourrait avoir.

Ensuite, là où un grand emprunt français pourrait dégrader la « note » de la France sur les marchés, un grand emprunt européen amènerait une nouvelle signature, plus solide, celle de l’Union européenne. Cette sécurité pourra également permettre de négocier des taux plus avantageux, ce qui limitera l’endettement.

Quels investissements souhaiteriez-vous porter avec une opération européenne ?

Le grand emprunt perçu par Nicolas Sarkozy finance les dépenses courantes. Pour le Modem, il est essentiel de favoriser le développement durable en injectant des capitaux dans la recherche et le développement et la production des filières énergie, transport, construction… Ensuite, nous voulons investir dans une relocalisation viable de l’industrie en France : si nous décidons de relancer l’électronique grand public, il nous faut nous doter d’usines extraordinairement modernes pour être les plus pointus dans le secteur.

A ce titre, l’idée du rapport Rocard-Juppé de développer les partenariats public-privé est une bonne façon d’avoir l’avis des entreprises, afin de choisir les projets viables, ce que l’Etat ne sait pas faire. Enfin, nous voulons nous inspirer de la réussite allemande en nous appuyant sur les PME.

Nicolas Sarkozy a axé la campagne des élections régionales sur l’augmentation des impôts alors que, parallèlement, il souhaite supprimer la taxe professionnelle. Quelle est la position du Modem sur la politique fiscale en période de crise ?

Nous sommes contre la suppression de la taxe professionnelle car elle se fait à perte pour un Etat déjà trop endetté. Il n’a fait que tenir une promesse faite aux entreprises et que les gouvernements de droite se repassent depuis des années, ce qui n’était pas une priorité en temps de crise. De manière générale, nous souhaitons un moratoire sur toutes les baisses d’impôts, sauf nécessité sociale.

A ce titre, nous sommes favorables à l’abrogation des mesures de la loi Tepa socialement injustes.

Vous êtes donc pour le statu quo fiscal ?

Non, nous sommes favorables à une autre assiette : nous voulons moduler la politique fiscale en fonction de la politique sociale des entreprises. Si une entreprise a de bon résultats mais licencie massivement, elle doit payer beaucoup d’impôt sur les sociétés, là où une entreprise qui joue le jeu de l’emploi sans recours excessif à l’intérim, au CDD ou autres formes de précarité, doit payer moins. Je défends également l’idée que les sociétés utilisant massivement le temps partiel soient sanctionnées fiscalement, car c’est une des sources du développement des « travailleurs pauvres » qu’il faut faire disparaître.

Quel mode de régulation serait pour vous préférable pour la finance ?

Nous sommes favorables à une séparation entre les banques de dépôt et les banques d’investissement. Quant à l’encadrement des bonus, malgré l’importance de certaines grandes banques françaises, le marché reste mondial.

C’est pour cette raison que nous militons pour la création d’un régulateur financier européen des banques et des assurances, ces dernières ayant également un grand rôle dans la crise depuis qu’elles sont devenues collecteurs et spéculateurs.

Comment le Modem se positionne-t-il dans le débat sur l’identité nationale ?

Tout a déjà été dit : le débat a été lancé d’une manière totalement politicienne. De la relance à l’éducation, tout notre programme tend vers une définition d’une identité nationale et d’une identité européenne.

Dans son discours de clôture des universités de rentrée du Modem, François Bayrou avait jugé que le sort des banlieues était une priorité. Comment proposez-vous concrètement de régler le problème de cette marginalisation ?

La banlieue ne mérite pas un petit ministère de rien du tout : ce doit être une priorité interministérielle ! Le premier problème, c’est le chômage des moins de 25 ans, la priorité est donc l’emploi : nous sommes favorables à la création de 100 000 TPE et au lancement de 50 grands projets dans les quartiers bénéficiant de facilités administratives et fiscales.

Il faut également le retour d’une police de proximité mais qui soit une police humaine, en même temps qu’une restauration des services publics dans les zones difficiles.

Le président du Modem avait également insisté sur les questions d’éducation : que proposez-vous ?

Notre priorité, c’est l’école maternelle et l’école primaire : 100% des enfants doivent sortir des classes élémentaires en maîtrisant totalement les fondamentaux de la lecture, de l’écriture et des mathématiques, il ne doit y avoir aucune exception ! Pour cela, il faut adapter le cadre d’apprentissage, en laissant les professeurs déterminer leurs cours, en faisant des classes plus réduites dans les banlieues difficiles…

Le collège doit être un collège qui tienne compte des diversités qui le composent. Quant à l’université, nous sommes radicalement opposés à la logique américaine de la concurrence. Il faut structurer des réseaux entre facultés et grandes écoles en les rapprochant de la recherche. Par ailleurs, nous voulons retarder la spécialisation, en imposant un tronc commun jusqu’à la licence.

La loi Hadopi continue de faire débat autour de la défense de la création artistique : quel est le programme du Modem pour le financement de la culture ?

Nous sommes favorables à un forfait illimité de consultation de contenus culturels de type licence globale. Par ailleurs, il nous semble essentiel de conserver un secteur non marchand dans la culture, notamment pour gérer les oeuvres libres de droit. Nous contredisons également l’idée selon laquelle les logiciels libres seraient une menace pour l’économie : nous sommes persuadés qu’ils peuvent favoriser la création d’emplois.

Propos recueillis par Sylvain Lapoix.

> Retrouvez  l’entretien sur Marianne 2

> Téléchargez ici le document préparatoire de Robert Rochefort

Marielle de Sarnez était jeudi soir l’invitée d’Arlette Chabot dans “A vous de juger”. Elle a débattu à cette occasion avec Martine Aubry. A noter également la présence d’Alain Dolium en deuxième partie d’émission.

Ce dimanche, la vice-présidente de Mouvement Démocrate s’est rendue à un débat organisé par les Gracques.

Marielle de Sarnez et Alain Dolium dans “À vous de juger”

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, était l’invitée d’Arlette Chabot dans l’émission “À vous de juger” sur France 2,  jeudi 26 novembre. Elle a débattu avec Martine Aubry (PS).

Alain Dolium, tête de liste régionale proposée par le Mouvement Démocrate pour l’Ile-de-France, était également l’un des invités en conclusion de l’émission.

» Retrouvez l’émission sur le site de France 2

Marielle de Sarnez : “On doit bâtir un projet crédible et dire la vérité aux Français”

Dans le cadre d’un débat sur les relations Etat-marché organisé samedi 28 novembre à Paris par le cercle des Gracques, Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate,  a estimé avoir “beaucoup de convergence” avec les experts et les responsables politiques présents.

“Je suis obnubilée par le fait que l’on doit dire la vérité aux Français, que l’on doit parler sérieusement de la question des retraites”, a-t-elle affirmé, ajoutant “que l’on ne peut pas tout (leur) promettre”, et “que l’on doit bâtir un projet crédible”.

Marielle de Sarnez a également salué l’orgnaisation de ce débat qui s’inscrit dans la logique des “lieux de débats entre personnes de sensibilité différentes” : “Aujourd’hui, c’était avec les Gracques, après Dijon il y a quinze jours, Marseille en août. Et l’on recommence en janvier”, a-t-elle précisé en évoquant le prochain débat relatif à la VIe République.

C’est “une manière d’entamer le parlement de l’alternance”, a-t-elle encore ajouté. “François Bayrou a vu beaucoup de monde à ce sujet, cela se fera”, a conclu Marielle de Sarnez.

Alain Dolium était ce matin l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL. L’occasion de découvrir le candidat à l’investiture pour la tête de liste en Ile-de-France. Âgé de 42 ans, chef d’entreprise, résidant dans le Val-de-Marne et originaire des Antilles, Alain Dolium s’est lancé ce matin dans le “grand bain de la politique” (dixit Apathie) et s’est exprimé sur plusieurs sujets.

Retrouvez ci-dessous l’interview complète en vidéo et sa retranscription intégrale.

http://www.dailymotion.com/videoxb9ml2


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Alain Dolium.

Alain Dolium : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous avez 42 ans. Vous êtes chef d’entreprise. Vous vivez dans le Val-de-Marne. Vos origines sont Antillaises, et vous avez décidé de vous lancer dans le bain de la politique, puisque vous serez le candidat du MoDem à la présidence de la région Ile-de-France, en mars prochain. C’est votre première candidature, Alain Dolium. Vous n’avez jamais exercé de mandat politique, qu’est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ? (lire la suite)

Alain Dolium : Je vais vous dire : déjà il y a un processus d’investiture, il y a des adhérents qui doivent effectivement voter entre le 10 et le 15 décembre de manière à entériner cette candidature. Alors, après ce qui m’a poussé à rentrer en politique ? Vous savez, je suis chef d’entreprise, je suis un citoyen. J’accompagne mes enfants à l’école, je discute avec ma boulangère - que j’adore d’ailleurs, parce que ses croissants et ses pains au chocolat sont superbes. Il n’empêche que quand je me pose la question alors que je suis également issu du tissu associatif, quand je me pose la question : mais quels sont les conseillers régionaux que je connais ? Ne serait-ce que de nom ? Je me rends compte que je n’en connais aucun.

Jean-Michel Aphatie : Du coup, vous avez envie de devenir conseiller régional ?

Alors, je vais vous dire non seulement j’ai envie de devenir président de la région pour assurer plus de proximité entre les Franciliens et cet organe qui devrait être un organe de proximité.

Donc, vous serez candidat en mars prochain. On peut essayer ce matin, Alain Dolium, d’établir votre carte d’identité politique ?

Tout à fait.

Droite ou Gauche ?

Vous savez, durant les dernières élections présidentielles, moi j’ai voté au premier tour, François Bayrou ; second tour, j’ai voté Ségolène Royal.

Mais dans votre vie, c’est une question simple : vous vous sentez plutôt à Droite ou plutôt à Gauche, comme ça depuis que vous êtes citoyen, depuis que vous votez ?

Je vais vous dire, je me sens plutôt centriste, et centriste même dans l’âme.

(rire) Par exemple, au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, vous avez voté pour qui ?

Premier tour de l’élection présidentielle de 2002, j’étais bien embarrassée, donc j’ai voté socialiste.

Ah, donc Lionel Jospin !

Tout à fait.

Donc, vous faisiez partie des gens qui n’étaient pas représentés au deuxième tour. Et au deuxième tour de 2007, vous avez voté pour qui ?

Au deuxième tour de 2007, Ségolène Royal.

Ah quand même, plutôt à Gauche. Si on ajoute Jospin à Royal, ça fait Gauche quand même !

Je vais vous dire, monsieur Aphatie, je vais vous dire. Qu’est-ce qui se passe ? Quant à l’issue de l’élection présidentielle de 2007, un nouvel espace politique se crée, en l’occurrence le MoDem, je me dis : finalement, c’est la réponse que je cherchais depuis un certain temps et qui constitue, selon moi, la meilleure des synthèses pour rouvrir l’espace politique et proposer un nouveau projet de société. Centriste dans l’âme !

D’accord, vous l’avez vu en 2007. Je vous signale juste que François Bayrou était aussi candidat en 2002, mais vous ne l’aviez pas vu, là !

En 2002, j’étais encore sur l’idée qu’éventuellement en étant quelque part un petit peu comme ça, à la droite de la Gauche qu’il y avait une possibilité de voir  cette Gauche évoluer vers un espace politique qui soit plus à l’aise avec l’économie, et l’économie, je dirais, avec la liberté d’entreprendre, avec la liberté créatrice. Je n’ai pas ressenti ça de manière forte et je n’ai pas senti cette évolution, je n’ai pas senti ce point d’ancrage à Gauche qui m’a fait tout naturellement évoluer vers un positionnement politique qui est au Centre.

Nicolas Sarkozy est Président de la République depuis trente mois. Donc, vous êtes chef d’entreprise, vous êtes un citoyen impliqué dans la vie associative, vous l’avez dit. Quel regard vous portez, Alain Dolium, sur l’action de Nicolas Sarkozy depuis trente mois ?

Je vais vous dire, en tant que chef d’entreprise, on est confronté à des contraintes et puis à des choses qui sont extrêmement concrètes. Le chef d’entreprise francilien va être confronté à l’instar de tous les autres à “j’ai besoin d’une ligne bancaire”,  “j’ai besoin d’améliorer mes fonds propres”. Et puis s’agissant des sociétés dans les nouvelles technologies, comme je suis également chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, vous vous rendez compte que tout ce qui vous permet d’injecter de l’argent et de pouvoir assurer la création d’emplois, c’est très compliqué. Depuis trente mois, je ne peux pas dire que les choses se sont singulièrement améliorées pour les chefs d’entreprise que nous sommes. De surcroît, les chefs d’entreprise des jeunes entreprises innovantes.

Donc, le bilan, au total ? Parce qu’il n’y a pas que la vie d’entreprise, il y a aussi, je ne sais pas, la vie de citoyen, il y a plein de choses qui font qu’on a au Pouvoir et à son action un rapport particulier : plutôt positif ? Plutôt négatif ? Trente mois d’action de Nicolas Sarkozy à la tête du pays.

Je dirai qu’il y a un certain nombre de choses que je ne juge pas aller dans l’intérêt du plus grand nombre et qu’il y a un certain nombre de choses qui relèvent, à la fois du social, de l’économie, une certaine manière parfois de… La question de la diversité ?

La question de la diversité qui a été au cÅ“ur des débats et qui a été au cÅ“ur des débats notamment à l’UMP et qui a amené certaines personnes à, je dirais, à travailler sur ce sujet-là, à mon avis deux choses :
- On traite la question de la diversité par un biais qui est souvent ethnique, qui est souvent celui de la couleur de peau. Je pense que c’est le mauvais marqueur. Bien évidemment qu’il y a des problèmes quand vous êtes noir, et vous êtes chef d’entreprise. Vous savez ce qu’avait dit Coluche. “Quand vous êtes Noir, petit et moche, ça sera très dur !” N’empêche qu’aujourd’hui, ça reste très dur, même quand vous faites partie d’une manière générale, quand vous affichez une différence.
- S’agissant de la question de la diversité qui a été très portée par le gouvernement, je ne dirais pas que ce soit une victoire absolue, je ne dirais pas ça.

Vous serez candidat en Ile-de-France donc, pour le MoDem, en mars prochain, Alain Dolium. Nicolas Sarkozy était dans le Val-de-Marne justement hier. Il a défendu la vidéo surveillance. Il a dit : “Nous allons tripler le nombre de caméras d’ici à 2012 pour mieux assurer la sécurité des Français. Ceux qui sont contre, qu’ils l’expliquent, il va y avoir des élections régionales, ça sera un moment de débats”. C’est une bonne chose ou pas de mettre des caméras dans les rues pour surveiller, pour apporter de la sécurité aux gens ?

Je vais vous dire, monsieur Aphatie, le vrai débat s’agissant de la sécurité, c’est peut-être là aussi d’introduire beaucoup plus de proximité. Moi je suis issu des quartiers, comme l’on dit…

Mais les caméras, c’est bien ou c’est pas bien ?

Les caméras, je ne pense pas que ça peut résoudre la chaleur du contact humain, le dialogue avec l’autorité policière. Je ne pense pas que ça résout absolument tout.

Alors dernière question simple -à formuler, peut-être pas la réponse-, Alain Dolium, c’est quoi d’être français puisque le gouvernement nous pose la question ? Pour vous, c’est quoi d’être Français ?

D’être français, c’est d’être heureux de vivre en France. Etre français, c’est de se dire qu’on est dans un espace qui est ouvert, dans un espace républicain, dans un espace qui connaît aussi certaines difficultés parfois à laisser s’exprimer le pluralisme qui caractérise le pays dans lequel nous sommes.

Vous serez candidat donc aux élections régionales de mars prochain pour le MoDem ; vous ne serez pas président parce que ce n’est pas vous qui serez en tête du scrutin, vous le savez ?

Alors je vais vous dire :
- Moi, on m’a dit toute ma vie : “Ce n’est pas possible”.
- Quand j’évoluais dans un certain type de banlieue, on m’a dit : “Ce n’est pas possible”.
- J’ai voulu faire un type d’études, on m’a dit : “Ce n’est pas possible”.
-  J’ai voulu être cadre supérieur, on m’a dit : “Ce n’est pas possible”.
- J’ai voulu créer une entreprise dans les nouvelles technologies jusqu’à il y a quelques semaines, on me disait : “Mais, tu sais ces nouvelles technologies, ce n’est pas possible”.

Donc…

Etre président de la région, pour vous c’est possible ?

Ah mais complètement ; et c’est pour ça que je candidate.

Vous serez candidat à la présidence de la république, un jour ?

Pourquoi pas !

C’est possible aussi.

Alain Dolium du MoDem, donc c’était sa première interview à la radio - c’était sur RTL ce matin.

Vincent Parizot : C’est une version française du “Yes, we can”, pourquoi pas !Moi j’ai une question subsidiaire : c’était comment cette première, baptême du feu ?

Monsieur Aphatie est quelqu’un de fort sympathique et j’adore sa rubrique sur Canal Plus !!!

François Bayrou était l’invité de Caroline Roux dans la Matinale de Canal+, vendredi 20 novembre.

Le Président du Mouvement Démocrate a notamment réagi sur le projet de “panthéoniser” Albert Camus, ainsi que sur le choix du nouveau président de l’Europe, M. Herman Van Rompuy. Jugeant que ce dernier a été désigné “pour ne faire d’ombre à personne”, François Bayrou a regretté que “cette manière de désigner le président de l’Europe dans les antichambres, en secret, par des tractations” n’allait pas, et a plaidé pour l’élection du président au suffrage universel direct.

François Bayrou a souhaité quand même qu’Herman Van Rompuy fasse mentir sa réputation d’homme “effacé” et sans “charisme”, ajoutant : “j’espère de toutes mes forces qu’il va se révéler et qu’il va être le contraire de l’exécutant effacé qu’on voudrait qu’il soit”.

“L’Europe aurait eu besoin d’avoir à sa tête quelqu’un qui soit fort et entraînant”, a-t-il ajouté, estimant que “Jean-Claude Juncker, le Premier ministre du Luxembourg, avait ce profil, cette expérience et cette ambition”.

Herman Van Rompuy “a fait sortir la Belgique de l’affrontement pour la faire entrer dans une meilleure entente”. “J’espère qu’il va faire la même chose” à la tête de l’Europe, a conclu le Président du Mouvement Démocrate.

Concernant le projet du président de la République de “panthéoniser” l’écrivain Albert Camus, François Bayrou a estimé que la “reconnaissance nationale n’a pas besoin de pompe”, reprochant au gouvernement de “trop manipuler les symboles”.

“Certaines personnes ont plus le goût de la panthéonisation que moi. Car je pense que la reconnaissance nationale n’a pas besoin de pompe et je suis sûr que Camus n’aurait pas aimé cette pompe-là”, ajoutant que “le pouvoir politique, et spécialement ce pouvoir-là, a tendance à trop manipuler les symboles et fait du sentiment profond de la nation un matériel de communication”.

Le Président du Mouvement Démocrate a encore précisé que “d’une certaine manière, il y a une récupération gênante avec le temps, il ne se passe pas de semaines, sans qu’on ait ce genre d’orchestration-là”.

Tout en rappelant son “admiration” pour l’écrivain, François Bayrou a conclu sur ce projet : “Je considèrerais le Panthéon comme un cauchemar, je préfère les cimetières ensoleillés”, car “c’est comme l’amour, cela ne nécessite pas de mise en scène”.

» Voir la vidéo sur le site de Canal+ (partie 2)

itwps

François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, était l’invité de l’émission “Face à nous” animée par Michel Grossiord sur Public Sénat, mercredi 18 novembre ; elle avait lieu au Congrès de l’Association des Maires de France à Paris.

François Bayrou est intervenu sur de nombreux sujets :

- le projet de suppression de la taxe professionnelle : “Cet impôt sera remplacé par d’autres impôts [...] Un impôt lorsqu’il est rentré dans les moeurs il est très difficile de le déplacer sans qu’il y ait des perdants”.

- le budget de l’Etat : “Le budget de l’Etat c’est quelque chose de l’ordre de 17 ou 18% de la totalité de la production du pays chaque année. Et nous sommes en déficit de 9% [...] Pour dépenser 1000, l’Etat est donc tous les jours obliger d’emprunter 500.”

- le grand emprunt national : “Déjà 35 [milliards] c’est mieux que 100, pour quelqu’un comme moi qui pensait que ce n’était pas la bonne démarche que de creuser encore le déficit du pays. [...] Il faut une démarche européenne, il faut que l’on décide ensemble d’avoir une action commune en matière ou en direction de ceux qui ont le plus besoin d’aide.”

- le rassemblement pour l’alternance en 2012 : “Il faut que les bonnes volontés se déploient [...] Le démon de la division est en train de s’introduire partout, [...] il faut le chasser [...] Il me semble que les responsables politiques devraient se forcer à ne pas nourrir la division parce que cela désespère les gens”. “Qui sont mes interlocuteurs ? [...] Tous ceux qui ont la bonne foi de vouloir confronter leurs idées et leurs analyses avec nous. Au fond, avec d’autres. [...] Nous ne redresserons le pays que si nous avons en tête une règle d’or : il faudrait bien que des gens différents arrivent à travailler ensemble”.

L’idée de parlement de l’alternance “est une idée valide, et je saisirai toute occasion pour qu’elle soit reprise le plus vite possible”.

- l’affaire des sondages payés par l’Elysée : ” Dès qu’il y a des fonds publics utilisés par l’exécutif, il faut que l Parlement ait le droit d’aller vérifier comment ces fonds sont utilisés. [...] C’est simple, en France, il ne doit pas y avoir de pouvoir sans contrôle”.

- l’homoparentalité : “Je suis favorable à l’idée de l’égalité des droits entre couples constitués devant la loi.[...] Je trouve qu’il faut avoir une approche positive de ce point de vue là. Je n’ai jamais compris la discrimination qui est exercée devant le droit d’adoption. [...] Lorsque deux personnes vivant en couple élèvent un enfant ensemble, il faut que soit reconnu un lien entre ces deux personnes et l’enfant. Voilà pourquoi j’avais défendu le principe de l’adoption simple …”


» Voir la vidéo sur le site de Public Sénat (28 minutes)

» L’article de 20 minutes sur l’émission

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, est intervenue samedi 14 novembre sur le thème de l’école et de l’enseignement, lors des rencontres politiques de Dijon.

“Chers amis,

Au mois d’août, nous avons eu une première rencontre à Marseille, qui a fait quelque bruit, parce qu’elle bousculait. Elle bousculait des habitudes, des routines, des a priori, des conservatismes. Nous en étions conscients lorsque nous avons accepté de parler ensemble, de dire : si nous voulons que ça change, si nous trouvons que notre pays ne va pas dans le bon sens, alors quelque chose nous rassemble. Et si nous sommes républicains et démocrates, épris de justice, alors ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous sépare. Et ce rassemblement ne s’arrêtera pas.

Nous avons une vérité à l’esprit, de plus en plus évidente : aucun d’entre nous ne gagnera tout seul. Nous avons pu croire le contraire par le passé. Certains d’entre nous ont même pu réaliser ce rêve. Certains n’en ont pas été loin. Mais désormais, cela est derrière nous. L’étude publiée par Libération cette semaine le dit de la manière la plus criante : le clivage droite/gauche, même si, évidemment, je ne confonds pas les deux, n’est plus pertinent pour les deux tiers des Français ! Et à l’intérieur même de ceux qui croient toujours à ce clivage, les préférences partisanes sont elles-mêmes complètement éclatées.

En tout cas, pour moi, ceci est une certitude : personne ne gagnera tout seul.

J’ai une deuxième certitude : pour gagner, il faudra mobiliser toutes les forces disponibles. Tous les républicains, tous les démocrates, quelle que soit leur préférence de parti, leur histoire, doivent peu à peu être rendus compatibles les uns avec les autres.

Ce ne sera pas difficile : en fait, ce ne sont pas les idées qui séparent, ce sont les préjugés. Ce ne sera pas difficile, à une condition : c’est qu’on apprenne à se respecter et à se parler. Autrement, les forces d’alternance apparaîtront comme éclatées, explosées, incapables de tracer un chemin convaincant pour le pays.

Et c’est pourquoi nous sommes là.

J’ajoute une dernière condition. Il faut accepter la différence. Il faut accepter que tout le monde ne pense pas la même chose. Il faut accepter de parler, de réfléchir, y compris avec des gens qui pensent tout à fait différemment. Pourvu qu’ils acceptent le but commun. La différence n’est pas à craindre, si elle conduit au dialogue, à l’échange des idées ! Ce qui est à craindre, ce qui est à redouter, c’est le sectarisme, le préjugé qui fait proclamer : « je ne vais tout de même pas discuter avec celui-là, ou avec celle-là ! »

Notre conviction à nous, c’est qu’il y a beaucoup à apprendre dans le dialogue des différences et même des divergences. Car nous avons la charge de reconstruire ensemble un pays qui ne va pas bien et de ce pays nous sommes tous citoyens, coresponsables de l’alternance.

C’est particulièrement vrai en matière d’école.

Pouvons-nous accepter que la situation de l’École continue sans changement ? Pour moi la réponse est certainement non.

Je laisse à d’autres le procès en responsabilité. Les ministres de l’éducation des deux dernières décennies s’appellent Lionel Jospin, Jack Lang, François Bayrou, Claude Allègre, Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien, Xavier Darcos, aujourd’hui Luc Chatel. J’étais moi-même la directrice de cabinet de François Bayrou rue de Grenelle. Si c’était facile de changer les choses dans le bon sens à l’Éducation nationale, ça se saurait.

Mais nous ne pouvons accepter d’en rester là. Nous ne pouvons accepter d’en rester à la situation d’aujourd’hui ! C’est, à juste titre, le premier budget de la nation. Mais les résultats sont purement et simplement impossibles à accepter pour des Républicains, pour le peuple français.

Il est impossible d’accepter que nous ayons chaque année 40 % des enfants, c’est à dire près de 300.000 élèves, qui ne maîtrisent pas la lecture à l’issue de l’école primaire !  25 % qui déchiffrent, mais ne comprennent pas la substance d’un texte et 15 % qui n’arrivent même pas à déchiffrer. Et si vous projetez ces 40 % cinq ou six ans après, vous les retrouvez tous ou presque dans la galère : 15 % en échec total qui sortent du système éducatif, à la fin de la 3 ème, sans diplôme ; 25 % à la peine, sans qualification réelle… Comme si le destin scolaire était fixé dès le plus jeune âge.

Ce n’est pas cela l’école de la République !

Et regardons à quel point la situation des enseignants s’est dégradée. En quelques années, on est passé de 15 % seulement  des enseignants qui souhaitaient changer de métier,  à 65 % aujourd’hui. Et un concours - le CAPES de Lettres, pour ne prendre qu’un exemple -  qui attirait, il y a 10 ans, 12.000 candidats, en compte moins du tiers aujourd’hui.

Ce n’est pas cela non plus, l’école de la République !

J’ai pris ces deux exemples, mais nous pourrions tous les multiplier.

Or je crois, même si je suis condamnée pour optimisme outrancier, que cette situation n’est en rien irréversible, à condition de faire des choix nécessaires et simples.

Choix nécessaires et simples. Il faut arrêter de triturer constamment l’organisation scolaire, d’empiler réformes sur réformes, dont tout le monde sait qu’elles ne seront pas mises en place et, le seraient-elles, qu’elles ne changeraient rien.

Il faut partir des fondations. La question la plus importante est la réussite de l’école maternelle et primaire. Je ne sépare pas l’école maternelle de l’école primaire. Je ne suis pas de ceux qui voient dans l’école maternelle une garderie, et dans les maîtres des puériculteurs ou puéricultrices dont l’essentiel du travail est de changer les couches. C’est vrai que l’école maternelle est une originalité française et je la trouve juste. La vocation de l’école maternelle, qui est une école, et maternelle au sens de la compréhension, de la protection de l’enfant, c’est de répondre aux inégalités culturelles et sociales. C’est d’amener les enfants, par une maîtrise précoce de la langue, à vivre ensemble, tout en éveillant leurs capacités.

Je suis désolée de le dire : il ne peut pas y avoir de débat sur l’objectif de l’école primaire. Il ne doit pas y en avoir. L’objectif de l’école primaire, en-dehors des très rares enfants en situation de grande difficulté, ce doit être de donner les bagages nécessaires à tous, 100 %, pour la vie et la suite des études. L’objectif, c’est 100 % de lecture, plus que jamais. Car contrairement à ce que l’on pouvait penser il y a quelques années, on en aura toujours besoin : pensez au monde internet. 100 % d’écriture. 100 % de connaissance des nombres. Et je veux ajouter 100 % de sport et 100 % d’une activité artistique, en mettant l’accent en particulier sur la musique, trop absente de la France.

Ceci doit conduire à modifier l’organisation de l’année scolaire. Elle n’est en France que de 144 jours par an (4 jours pendant 36 semaines) alors qu’elle est en Europe, en moyenne, de 185 jours. La journée des écoliers français est la plus longue du monde, mais nos écoles sont fermées la moitié de l’année. L’objectif que nous devons nous fixer est de parvenir en quelques années à rejoindre la moyenne européenne. Alors, je sais bien que nombreux seront les acteurs économiques qui interviendront pour que rien ne change, des stations de sports d’hiver aux gîtes ruraux. Mais cette réforme doit être conduite. La journée de travail scolaire doit être allégée pour l’enfant, et pour les professeurs afin qu’ils puissent enseigner, à un meilleur rythme.

Voyez-vous, j’observe les débats éducatifs depuis quinze ans. Et je vois qu’il y a de larges débats, passionnés, brûlants entre, pour simplifier, ceux qui disent “l’enseignement valide repose sur des contenus solides et maîtrisés”, et ceux qui disent “l’enseignement valide c’est celui qui épanouit la personnalité”.

Je ne suis pas du sérail. Et voir ce débat qui n’en finit jamais m’a toujours laissée rêveuse. Mais j’ai une opinion sur ce sujet : l’enseignement valide c’est celui qui unit les deux ! ” Connaissance solide et compréhension” chaleureuse.

Il faut des connaissances solides pour construire un jugement, une compétence, une conscience (et pour moi c’est le dernier mot qui est le plus important : je devrais même dire une conscience civique). Et il faut que s’épanouisse, cela manque trop en France, la créativité de chaque fille, de chaque femme, de chaque garçon, de chaque homme. La créativité artistique, la créativité de recherche, la créativité économique, la créativité du savoir, tout cela en réalité est lié. C’est dans la création, l’inventivité, que l’être humain trouve son plein épanouissement, et le pays qui les rassemble aussi.

Dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu’ils accèdent à l’autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c’est le pouvoir et c’est la vie. L’expression des émotions, la présentation de soi-même, l’empathie, l’autorité, la reconnaissance, le rire, l’analyse, tout cela, c’est la langue. La langue, c’est le nécessaire et presque le suffisant. Elle doit donc être au sens propre la priorité, puisqu’elle concentre en une seule démarche connaissance et création.

Et il me semble que ceux qui exercent le pouvoir ne l’ont pas vraiment compris puisqu’ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale ! C’est-à-dire une filière qui vaudra non pas par la maîtrise de notre langue mais par la maîtrise des langues étrangères… Or le droit, la psychologie, la réflexion, la philosophie, tout cela est langue et devrait servir de facteur commun à toutes les formations.

Nous voulons une École où plus un seul enfant ne soit en situation de fragilité ou d’échec en face de la langue. Nous voulons une École où plus un seul élève ne sorte du CE1 sans savoir lire. Pour parvenir à cet objectif, il faudra concentrer les efforts sur le cycle des apprentissages fondamentaux (Grande section de maternelle, CP et CE1). Mettre le paquet sur le repérage et la remédiation dès le pré-élémentaire. Pratiquer le dédoublement de la classe et la gestion par petits groupes en cours préparatoire. Expérimenter des formes nouvelles d’organisation : par exemple, un enseignant pourrait garder la même classe pendant deux ou trois ans. Fixer clairement des obligations de résultats à atteindre à la fin du CE1. Généraliser les évaluations comparatives. Les mettre au service des enseignants. Publier et répandre les bonnes pratiques.

Bref, il faudra une mobilisation de tous contre l’échec scolaire pour éviter à l’avenir que ne rentrent chaque année au collège des milliers de jeunes qu’on envoie dans le mur, dont on sait par avance que la scolarité sera plombée, et qui se retrouveront quelques années plus tard durablement au chômage. S’il y a un défi que nous devons relever ensemble, c’est bien celui-là. Et c’est pour moi de loin le plus essentiel. Si nous parvenons à inverser cette tendance, alors nous aurons fait œuvre utile pour le pays.

Cette mobilisation, il nous faudra la poursuivre au collège : un collège où l’on refuse la sélection précoce, que nous avons connu en France jusqu’aux années 70, et cependant où l’on reconnaisse la diversité des élèves face à l’enseignement scolaire.

Je pense toujours que la proposition que nous avions faite au milieu des années 90 d’un “collège hors les murs”, qui proposerait tout autre type de formation que le cours qu’on subit pour ceux des élèves qui subissent, est toujours d’actualité. Je rappelle la règle que nous avions proposée : que cet “enseignement actif”, par la passion et les vraies aptitudes de l’élève, par le geste, par l’art, par la mécanique, par le sport, par le théâtre, puisse à des carrefours clairement balisés permettre à ces élèves de retrouver la scolarisation classique.

On me dira : mais pourquoi ne pas proposer ce type de scolarisation à tous. Pour deux raisons : parce que je sais que, dans un pays en grave difficulté financière, et où l’enseignement secondaire est déjà un des plus chers du monde, nous n’aurons pas les moyens, et parce que je ne trouve pas stupide de donner plus à ceux qui ont le plus besoin.

Le collège doit donc être différencié au profit de ceux qui s’y trouvent actuellement en situation de blocage et donc des enseignants qui eux aussi sont à cours de réponses.

De même l’enseignement professionnel doit être revalorisé pour que l’orientation vers cette filière ne soit plus vécue comme une forme de déclassement pour l’élève et sa famille. Ce qui est pour le moins paradoxal quand on sait que des qualifications de plus en plus élevées sont exigées aujourd’hui pour exercer nombre de métiers. Désormais, il faut maîtriser  l’informatique, la technologie, avoir en même temps de solides acquis en matière de culture générale. Ces nouvelles exigences sont autant d’opportunités nouvelles pour la voie professionnelle, dont il faut tout faire pour qu’elle devienne la filière du plein emploi, notamment en adaptant mieux l’offre de formation aux débouchés professionnels.

J’en viens au lycée qui a seulement moi deux fonctions : construire une architecture de connaissances et de capacités, dans ses voies générales, techniques, professionnelles qui soit déjà consistante et reconnue. Donc armer pour la vie. Et préparer aux enseignements supérieurs, universités, recherche, écoles, mais aussi BTS ou IUT dont il faut augmenter le nombre de places pour que davantage de jeunes en bénéficient, en particulier ceux de l’enseignement  professionnel et technologique. Il est en effet inacceptable que les places en IUT soient trustées par les bacheliers de la série S,  contraignant les bacheliers professionnels ou technologiques à faire un choix par défaut en s’inscrivant en universités où ils se retrouvent le plus souvent en situation d’échec.

Le lycée, ce n’est pas seulement un lieu de passage. C’est un niveau de formation qui doit trouver sa reconnaissance en tant que tel. Je crois même que ce niveau devrait être plus exigeant.

La double finalité du baccalauréat mérite d’être ainsi repensée, même si je m’avancerai avec beaucoup de prudence sur ce terrain, symboliquement dangereux. Mais permettez moi de dire simplement que 86 % de reçus à l’examen, cela ne me paraît pas très cohérent avec plus de 50 % d’échec par la suite… Et une épreuve aussi lourde sanctionnée par 15 % de candidats ajournés, cela me paraît assez peu raisonnable.

Ce débat nous le reprendrons quand nous aborderons la question de l’enseignement supérieur et de la recherche. Question pour moi essentielle, tant je crois que la recherche doit être centrale dans tout parcours universitaire, et que tout le monde gagnerait à ce que soient pris en compte les parcours de recherche dans le recrutement des cadres de la nation ou de l’entreprise.

En parcourant le système éducatif de la maternelle à la terminale, je ne vois que des défis accessibles.

On me dira que je n’ai qu’effleuré la question des moyens.

Je la traite devant vous. L’état des finances publiques est tel que quiconque vous promettra pléthore de moyens supplémentaires vous racontera des histoires. Et cependant je crois que le meilleur investissement pour la nation, c’est la sécurité morale et matérielle d’une école, d’un collège, d’un lycée général, technique ou professionnel. Je crois à l’amélioration, quand on le pourra de la situation des enseignants, à la création de parcours qui leur permettent de bouger, professionnellement, s’ils le souhaitent. Je crois qu’il faut leur faire confiance, les aider en leur fixant des objectifs clairs,en  mutualisant les bonnes pratiques, en donnant plus de liberté au terrain, en favorisant la créativité. Je crois à la place de musiciens, de plasticiens, de sportifs qui se joindront à eux. Je crois que ce fonctionnement, c’est le meilleur investissement. Il faut le protéger et résister à Bercy qui veut, toujours, couper dans l’éducation pour équilibrer ses comptes, comme on le voit depuis des années. Notre école a besoin de sérénité, de stabilité, et de la garantie qu’elle aura les moyens de sa mission. C’est  l’engagement que nous prenons aujourd’hui devant vous.

Pardonnez-moi d’avoir livré devant vous une vision personnelle. C’est celle d’une femme que la vie a conduite rue de Grenelle, où elle a été très heureuse, en même temps qu’elle était parente d’élèves, et qui est fascinée par l’attente justifiée que la société investit dans son école.

J’ai conscience que cette vision n’est pas unanimement partagée. C’est très bien. Je plaide pour la diversité. Je plaide pour le pluralisme de la pensée. C’est ainsi qu’on progresse, par le débat et le respect mutuels. Je disais en commençant que ce qui nous rassemble existe, aussi différents que nous soyons. J’ai une autre certitude : ce que nous avons à faire est plus grand que nous, que nos intérêts, d’idéologie ou de parti ou de carrière. C’est peut-être la dernière chance de retrouver la vocation et la reconnaissance de l’école de la République, qui est pour moi, formatrice de liberté, vrai moyen de l’égalité, vrai lieu de fraternité.

Autrement dit, l’École c’est le visage de l’identité républicaine, qui est pour moi, et je crois pour nous, le vrai nom, non déformable, non instrumentalisable de l’identité nationale.”

Marielle de Sarnez

Le Congrès programmatique d’Arras (Pas-de-Calais) aura lieu les 4, 5, et 6 décembre prochain.

Retrouvez ci-dessous un message de Jean-Marie Vanlerenberghe ainsi qu’une vidéo dans laquelle François Bayrou présente le Congrès.

Vous pouvez vous inscrire au congrès en cliquant ici.

“Bienvenue à ARRAS !

Une fois quitté PARIS, la France du Nord est pleine de villes moyennes à taille humaine. Je suis très heureux que le MODEM ait choisi parmi celles-ci ARRAS pour tenir son congrès extraordinaire.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un parti démocrate se réunit à ARRAS. En novembre 1936, le P.D.P. (Parti Démocrate Populaire), ancêtre du MODEM, y tenait déjà son 12e congrès.

73 ans après, j’aurai le plaisir de vous accueillir dans cette ville que j’administre avec une équipe ouverte à toutes les sensibilités politiques républicaines.

Au-delà de la qualité architecturale de la ville que vous découvrirez, (deux de ses monuments sont classés au patrimoine de l’UNESCO), je souhaite qu’à ARRAS le MODEM écrive d’une main ferme une page de son histoire.”

Jean-Marie VANLERENBERGHE

Sénateur-Maire d’ARRAS

http://www.dailymotion.com/videoxaxh0k

> Photo de Une : Le lyon du beffroi d’Arras par Olibac sur Flickr

Dans un entretien accordé au quotidien “Le Figaro”, mercredi 21 octobre, Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, s’exprime sur le projet de loi de finances du gouvernement, sur la dette galopante de la France et du projet de grand emprunt, sur la réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy, ainsi que sur le positionnement du Parti socialiste sur l’échiquier politique français.

LE FIGARO. La discussion du projet de loi de finances s’ouvre aujourd’hui à l’Assemblée. Quel regard portez-vous sur notre situation budgétaire ?

Marielle de SARNEZ. Nous allons dans le mur. Le déficit de la France a augmenté de 350 % en deux ans ! La moitié des dépenses de l’État est maintenant financée par l’emprunt. Selon le rapporteur général du budget lui-même, Gilles Carrez, la charge de la dette va progresser de 20 milliards pour dépasser la somme de 60 milliards d’euros, et représenter alors une fois et demie la totalité de notre impôt sur le revenu. Nous ne pourrons pas vivre éternellement au-dessus de nos moyens. Quant à la situation économique, je ne vois pas l’éclaircie annoncée. La Bourse remonte, mais le carnet de commandes des entreprises reste désespérément vide. J’ajoute que le monde agricole est au bord de l’explosion. Dans ces moments de grandes difficultés, le pouvoir devrait dire la vérité aux Français et ne pas leur raconter d’histoires en faisant croire qu’on peut éternellement s’endetter sans que jamais personne ne paye.

Martine Aubry préfère un grand plan de relance à un grand emprunt. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve que cette proposition ne tient pas. Un plan de relance tourné vers la consommation et financé par de la dette, c’est pire encore que ce que le gouvernement s’apprête à faire avec le grand emprunt. Pour moi, l’action la plus pertinente aurait dû être un plan d’investissement conçu au niveau européen, financé par l’émission d’euro-obligations. En France, mieux vaudrait réfléchir à la question des charges qui pèsent sur le travail. Aujourd’hui, quand on est entrepreneur, on est conduit à rechercher le mode de production le moins favorable à l’emploi. C’est l’inverse de ce qu’il faudrait faire. De la même manière, nous n’échapperons pas à une réforme fiscale de grande ampleur.

Martine Aubry n’a pas invité le MoDem à la première réunion de sa «maison commune» pour 2012. N’est-ce pas l’échec du camp de l’alternance voulu par François Bayrou ?

Le PS est devant ses choix. Soit il décide de s’enfermer dans des logiques politiques d’hier, et même d’avant-hier, soit il décide de s’ouvrir, de s’adapter au monde de demain, et de faire évoluer sa pensée sur certains points. Pour ma part, je suis convaincue que les Français aspirent à un projet d’alternance crédible. Ils ne veulent pas que le marché décide à leur place. Mais ils ne veulent pas non plus que l’État décide de tout. C’est pourquoi nous n’économiserons pas nos forces pour que tous ceux qui souhaitent un autre projet pour la France puissent réfléchir à l’avenir ensemble.

Que pensez-vous des propositions de Nicolas Sarkozy sur la réforme territoriale ?

Je pense utile de simplifier le paysage territorial. Mais je trouve que Nicolas Sarkozy fait les choses à l’envers. Il commence par supprimer la taxe professionnelle, crée des conseillers territoriaux sans s’interroger sur leurs compétences, et propose une loi électorale qui nie les identités et le pluralisme. C’est le contraire de ce qu’il faut à notre pays.

Propos recueillis par Rodolphe Geisler.

> Retrouvez ici l’interview


Fermer
E-mail It
Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
vous pouvez copier et coller le code html ci-dessous dans votre page.



Prévisualisation :
Arras : discours de clôture
le Blog du Mouvement Démocrate - 06 décembre 2009
le Blog du Mouvement Démocrate
Aide : Share this fr est un plugin multi-fonction permettant de diffuser et partager cet article via les réseaux sociaux les plus courants.
Favoris : permet d'enregistrer et partager l'article sur des sites de favoris/bookmarks.

Web Social : permet de diffuser et faire découvrir l'article via les sites sociaux.
Email : permet de recommander l'article à un ami.
Citer : code html à copier coller sur vos pages pour citer cet article.
Télécharger Share this fr